Assurance-vie luxembourgeoise : pour qui est-elle intéressante ?
Assurance vie luxembourgeoise : pour qui présente-t-elle réellement un intérêt ? Faut-il disposer de 500 000 €, 1 million ou plusieurs millions d’euros pour commencer à se poser la question ?
Après avoir étudié son fonctionnement et ses mécanismes de protection, c’est probablement la question la plus concrète.
Car le montant du patrimoine ne suffit pas à répondre.
Deux personnes disposant chacune d’un million d’euros peuvent avoir des besoins totalement différents. Pour l’une, un contrat français peut parfaitement convenir. Pour l’autre, certaines caractéristiques du Luxembourg peuvent répondre à une véritable problématique patrimoniale.
Existe-t-il un montant à partir duquel le Luxembourg devient intéressant ?
C’est souvent ainsi que la question est posée.
À partir de 250 000 € ? 500 000 € ? Un million d’euros ?
En pratique, les conditions d’accès dépendent notamment de l’assureur, du contrat et des solutions d’investissement recherchées.
Certaines architectures ne sont accessibles que sous certaines conditions et la réglementation luxembourgeoise distingue elle-même différentes catégories de preneurs et différentes possibilités d’investissement.
Mais cela ne permet pas d’établir un seuil universel à partir duquel un contrat luxembourgeois deviendrait automatiquement pertinent.
Prenons donc six situations différentes.
Cas 1 : un patrimoine important mais essentiellement français
Imaginons un couple disposant d’un patrimoine financier d’un million d’euros.
Il vit en France, prévoit d’y rester, investit principalement dans des fonds traditionnels et des ETF, n’a pas besoin de gérer plusieurs devises et recherche avant tout une allocation diversifiée à long terme.
Le montant de son patrimoine pourrait naturellement conduire à lui présenter une assurance-vie luxembourgeoise.
Mais quelle caractéristique du Luxembourg répondrait ici à un besoin qui ne pourrait pas être satisfait autrement ?
Si un contrat français de qualité permet d’accéder aux supports et au mode de gestion recherchés, le seul montant du patrimoine ne suffit pas à justifier une architecture plus complexe.
Cas 2 : rechercher une architecture d’investissement plus ouverte
Prenons maintenant un investisseur disposant d’un patrimoine financier important et souhaitant construire une allocation qui dépasse les supports habituellement proposés dans son contrat actuel.
Selon les contrats, les montants investis, le profil du souscripteur et les règles applicables, l’assurance-vie luxembourgeoise peut permettre d’utiliser différentes architectures d’investissement.
On peut notamment rencontrer des fonds externes, des fonds internes collectifs, des fonds internes dédiés ou des fonds d’assurance spécialisés.
La réglementation luxembourgeoise encadre précisément ces différentes catégories ainsi que leur adéquation au profil et aux besoins du souscripteur.
La vraie question est : « Ai-je besoin d’une architecture d’investissement que mon contrat actuel ne permet pas de construire dans de bonnes conditions ? »
La différence est importante.
Avoir accès à davantage de possibilités n’améliore pas automatiquement la qualité d’une allocation.
Cas 3 : le dirigeant après la cession de son entreprise
La vente d’une entreprise peut modifier brutalement la structure d’un patrimoine.
Un dirigeant dont une grande partie de la richesse était jusque-là concentrée dans son outil professionnel peut se retrouver avec plusieurs centaines de milliers ou plusieurs millions d’euros de liquidités à investir.
Son problème n’est alors pas simplement de « placer de l’argent ».
Il doit souvent reconstruire une organisation patrimoniale complète :
- constituer une réserve de liquidités ;
- diversifier un patrimoine auparavant très concentré ;
- déterminer son horizon d’investissement ;
- préparer de nouveaux projets ;
- organiser ses revenus futurs ;
- réfléchir à la transmission ;
- éventuellement anticiper une mobilité internationale.
Dans ce contexte, l’assurance-vie luxembourgeoise peut faire partie des solutions étudiées.
Mais elle doit venir après le diagnostic patrimonial.
Cas 4 : envisager une mobilité internationale
Voici une situation dans laquelle la dimension internationale du Luxembourg peut devenir plus concrète.
Un cadre dirigeant travaille aujourd’hui en France mais envisage une expatriation dans quelques années. Un entrepreneur prévoit de s’installer à l’étranger. Un couple sait que sa carrière professionnelle pourra l’amener à changer plusieurs fois de pays.
La réflexion ne porte alors plus uniquement sur le rendement du contrat.
Elle concerne aussi sa capacité à accompagner une situation patrimoniale susceptible d’évoluer dans plusieurs environnements juridiques et fiscaux.
Le Luxembourg peut présenter un intérêt dans ce type de configuration, sous réserve bien entendu d’étudier les règles applicables dans chaque pays concerné.
Cas 5 : posséder un patrimoine dans plusieurs pays
La mobilité n’est pas le seul sujet.
Certaines personnes possèdent déjà un patrimoine réparti dans plusieurs pays : résidence secondaire à l’étranger, investissements financiers internationaux, société implantée hors de France ou famille installée dans plusieurs juridictions.
Dans ce cas, la question n’est plus seulement de savoir où ouvrir une assurance-vie.
Il faut comprendre comment le contrat s’intègre dans l’ensemble du patrimoine.
Résidence fiscale, succession, bénéficiaires, localisation des actifs et projets futurs doivent être étudiés ensemble.
Une architecture luxembourgeoise peut alors apporter une réponse intéressante dans certaines situations, mais elle ne dispense jamais d’une analyse juridique et fiscale des différents pays concernés.
Cas 6 : avoir un véritable besoin multidevise
La possibilité de gérer certaines opérations ou certains investissements dans plusieurs devises est régulièrement mise en avant dans les contrats luxembourgeois.
Là encore, il faut partir du besoin.
Une personne qui vit, dépense et investit uniquement en euros n’a pas nécessairement intérêt à introduire des devises supplémentaires simplement parce que son contrat le permet.
En revanche, la question peut devenir pertinente pour une personne dont une partie des revenus, des projets ou du patrimoine est réellement exposée à une autre devise.
Un investisseur envisage de vivre plusieurs années dans un pays où ses dépenses seront libellées dans une autre devise. Une partie de son patrimoine ou de ses revenus futurs peut également être exprimée dans cette devise.
La gestion multidevise peut alors répondre à une problématique patrimoniale réelle plutôt qu’à une simple recherche de sophistication.
Mais elle introduit également un risque supplémentaire : le risque de change.
Une possibilité supplémentaire n’est donc utile que lorsqu’elle répond à un besoin identifié.
Quelles sont les mauvaises raisons de choisir le Luxembourg ?
Après quatre articles consacrés au sujet, plusieurs arguments peuvent désormais être écartés.
Choisir une assurance-vie luxembourgeoise uniquement parce que l’on possède plus de 500 000 € n’est pas suffisant.
La choisir pour « sortir son argent de France » ne constitue pas davantage une stratégie patrimoniale.
Penser qu’elle protège contre les baisses de marché est faux.
Imaginer qu’un contrat luxembourgeois permet à un résident fiscal français d’échapper à la fiscalité française est également faux.
Enfin, disposer de davantage de supports ne signifie pas automatiquement disposer d’une meilleure allocation.
- « J’ai plus de 500 000 €, donc je dois aller au Luxembourg. »
- « Mon argent sera hors de France. »
- « Mon capital sera protégé contre les marchés. »
- « Je ne serai plus soumis à la fiscalité française. »
- « Plus de supports signifie forcément plus de performance. »
Quelle est finalement la bonne question ?
Nous pouvons maintenant renverser complètement le raisonnement.
Au lieu de commencer par le produit et de chercher ensuite pourquoi il pourrait être intéressant, il faut partir du patrimoine.
Quelle est votre situation personnelle ?
Quelle est votre situation professionnelle ?
Comment votre patrimoine est-il structuré ?
Quels sont vos projets ?
Quelle liquidité devez-vous conserver ?
Quelle mobilité internationale envisagez-vous réellement ?
Quels supports recherchez-vous ?
Quels risques souhaitez-vous réduire ?
Elle est : « Quelle caractéristique de mon patrimoine justifierait réellement d’utiliser une architecture luxembourgeoise ? »
Cette manière de raisonner rejoint un principe plus général que nous développons dans notre article Gestion de patrimoine : par où commencer ?
Le produit vient après l’analyse de la situation, des projets et des objectifs.
Et il nous reste maintenant une dernière étape.
Demain, nous transformerons toute cette semaine d’analyse en une grille de décision concrète permettant de déterminer si une assurance-vie luxembourgeoise est réellement adaptée à votre patrimoine.
Assurance-vie luxembourgeoise : comment savoir si elle est réellement adaptée à votre patrimoine ?
Votre patrimoine justifie-t-il réellement le Luxembourg ?
Le montant disponible n’est qu’un critère parmi d’autres. Architecture patrimoniale, projets, mobilité internationale, supports recherchés, devises, fiscalité et niveau de risque doivent être analysés ensemble.
W CONSEILS peut vous aider à déterminer si les particularités d’une assurance-vie luxembourgeoise répondent réellement à votre situation.
FAQ : assurance-vie luxembourgeoise pour qui ?
À partir de quel montant une assurance-vie luxembourgeoise devient-elle intéressante ?
Il n’existe pas de seuil universel à partir duquel le Luxembourg devient automatiquement pertinent. Les conditions d’accès dépendent des contrats et des solutions d’investissement recherchées. Le montant doit surtout être mis en relation avec les besoins patrimoniaux du souscripteur.
Faut-il avoir un million d’euros pour souscrire au Luxembourg ?
Non. Les minimums de souscription varient selon les assureurs et les contrats. À l’inverse, disposer d’un million d’euros ne signifie pas qu’un contrat luxembourgeois soit nécessairement la meilleure solution.
Le Luxembourg est-il surtout intéressant pour les expatriés ?
La mobilité internationale peut constituer l’un de ses intérêts, mais ce n’est pas le seul. L’architecture d’investissement, la gestion de plusieurs devises ou certaines configurations patrimoniales internationales peuvent également être étudiées.
Une assurance-vie luxembourgeoise est-elle utile après la vente d’une entreprise ?
Elle peut faire partie des solutions étudiées lorsque la cession transforme fortement la structure du patrimoine. Elle ne doit cependant être choisie qu’après avoir déterminé les besoins de liquidité, les projets, l’horizon d’investissement, la diversification recherchée et les objectifs de transmission.
Un patrimoine important justifie-t-il automatiquement une assurance-vie luxembourgeoise ?
Non. Un patrimoine important peut parfaitement être organisé avec des solutions françaises si elles répondent aux objectifs recherchés. La pertinence du Luxembourg dépend des caractéristiques du patrimoine et des besoins auxquels son architecture peut réellement répondre.